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Talents Seniors
Talents Seniors

L'APEC déploie le dispositif Talents Seniors

Talents Seniors : l'APEC déploie son nouveau dispositif pour aider les seniors à retrouver un emploi

Après 18 mois de crise sanitaire et alors que nous sommes au cœur d'une reprise plus forte que prévue, les entreprises sont plus que jamais confrontées à des problèmes de recrutement, alors que dans le même temps de plus en plus de seniors de talent, d'expérience, peinent à faire rebondir leur carrière, surtout après un coup d'arrêt.

Comment faire de ces deux faiblesses une force pour notre économie ? Telle est la question à laquelle nous tenterons de répondre avec l'aide de Danièle Sancier, délégué régional de l'APEC, Association Pour l'Emploi des Cadres et Jean-François Ley, cadre supérieur en recherche de nouveaux challenges professionnels.

 

Pour écouter l’interview :

 

 

Pascal Rabiller : Bonjour et merci à tous les deux d'avoir répondu à notre invitation.

 

Danièle Sancier, je vais commencer avec vous. On en est où en France en matière de taux d'emploi des seniors de la catégorie des 55 - 64 ans ?

 

Danièle Sancier : Le marché de l'emploi cadre est plutôt favorable en la période. On voit une embellie actuellement. Simplement il cesse de l'être lorsqu'on est senior. Le taux d'occupation des seniors d'environ 30 % est comparable à celui des pays européens, même si on sait qu'il est un peu meilleur dans les pays du nord [...].

 

Pascal Rabiller : On n'est pas forcément le mauvais élève européen donc ?

 

Danièle Sancier : En effet ! Simplement, la crise sanitaire a amplifié les difficultés. Aujourd'hui, la difficulté n'est pas tant celle d'une augmentation du taux de chômage des seniors que finalement celle d'un allongement de la durée de la recherche d'emploi et ça, c'est quelque chose contre lequel il faut lutter, surtout dans une période où les entreprises peinent à recruter. Autrement dit, c'est le moment ou jamais de faire bouger les lignes et de se dire qu'il y a de superbes compétences parmi nos seniors et en avant !

 

Pascal Rabiller : Oui alors justement ça n'est peut-être pas la vocation première de l'APEC mais vous venez d'adopter en Nouvelle-Aquitaine un dispositif qui a fait ses preuves, le dispositif Talents Seniors. Alors c'est quoi ce dispositif Talent Seniors ?

 

Danièle Sancier : Alors Talents Seniors, c'est un dispositif lancé par l'APEC il y a deux ans, qui s'est déployé tout d'abord dans deux régions PACA et Hauts-de-France et que nous avons décidé cette année de déployer dans d'autres régions, dont la Nouvelle-Aquitaine puisque, comme je l'indiquais tout à l'heure, la situation du marché de l'emploi fait qu'il y a lieu d'accompagner des seniors qui ont de très belles compétences à proposer aux entreprises qui recrutent.

 

Pascal Rabiller : C'est quoi la performance de ce dispositif ? Est-ce qu'on a un peu de recul même si en Nouvelle-Aquitaine, on est au début de cette expérimentation ?

 

Danièle Sancier : On a un recul qui est au fond de se dire que ce dispositif, qui allie des temps collectifs, des temps individuels, un accompagnement par des parrains et marraines dont des mentors, fait gagner du temps. 70 % des cadres demandeurs d'emploi seniors qui sont entrés dans le dispositif il y a quelques temps ont pu retrouver un emploi et de toute façon ont retrouvé un emploi au bout de 12 mois [...].

 

Pascal Rabiller : Au bout de 12 mois, c'est-à-dire qu’un an de dispositif, un an d'accompagnement suffit normalement à sortir, en tout cas pour 70% de ceux qui l'ont suivi, a entraîné un retour à l'emploi [...] ?

 

Danièle Sancier : Alors nous souhaitons que les seniors accompagnés nous quittent avant les 12 mois et c'est le cas pour beaucoup d'entre eux puisque d'ores et déjà le dispositif lancé en Nouvelle-Aquitaine a vu quatre personnes qui ont retrouvé un emploi [...].

 

Pascal Rabiller : Donc quatre personnes qui avaient intégré ce dispositif ont déjà [...] Je pense que le terme d'accélérateur n'est pas galvaudé. En l'occurrence Jean-François Ley, vous avez intégré je crois ce dispositif. J'aimerais que vous nous fassiez, en quelques dates et en quelques mots, un petit [...]. Faites-nous votre CV, même s'il ne s'agit pas d'un entretien d'embauche.

 

Jean-François Ley : Je suis diplômé d'une école de commerce bordelaise il y a maintenant quelques années puisque j'ai 57 ans aujourd'hui. J'ai été 15 ans cadre supérieur dans une maison qu'on connaît bien ici à bordeaux qui s'appelle Vinexpo, pour laquelle j'ai dirigé le département Marketing et Développement puis j'ai parallèlement lancé aussi des formations supérieures bac + 3 à bac + 5 dans la même école de commerce que celle qui m'a diplômé quand j'étais jeune étudiant, formations qui ont bien fonctionné entre 2003 et 2016. Ensuite, j'ai pris la direction de ces formations après avoir quitté mon poste à Vinexpo pour déployer des formations ailleurs qu'à Bordeaux, c’est-à-dire à Paris, Lyon, Londres, etc.  Je suis ensuite revenu dans la région parce que je suis aussi actionnaire de l'entreprise viticole familiale et je me suis dit que j’allais, maintenant que j'ai atteint une certaine maturité professionnelle, reprendre cette entreprise et essayer de la redévelopper mais malheureusement voilà j'ai à faire à un vrai "Talent Senior" dans ma famille. Il y a un papa, un patriarche qui est toujours là, qui est toujours présent. J'ai rencontré le dispositif "Talents Seniors" à ce moment-là et je me suis dit bon finalement je vais encore attendre quelques années avant de reprendre l'entreprise familiale et je vais essayer de repartir vers une autre aventure professionnelle grâce à ce tremplin et grâce à ce qui est mis en place par l'APEC.

 

Pascal Rabiller : Depuis quand vous êtes à la recherche d'un emploi ?

 

Jean-François Ley : Un an.

 

Pascal Rabiller : Et le dispositif, vous l'avez connu comment ?

 

Jean-François Ley : Le dispositif, je l'ai intégré grâce à Pôle Emploi qui m'a orienté vers l'APEC l'été dernier.

 

Pascal Rabiller : D'accord mais ça se passe comment pour vous ?

 

Jean-François Ley : Ça se passe très bien pour 3 raisons si je peux me permettre.

Premièrement parce que techniquement c'est bien de revoir un certain nombre de standards : comment on rédige au mieux son CV, comment on utilise au mieux les réseaux sociaux, comment on fait un certain nombre de choses. Donc techniquement, c'est important de se remettre un peu à niveau.  Je ne dis pas qu'on est vieux parce que moi je plaide pour que les seniors soient bien intégrés dans les dispositifs des entreprises.

Deuxièmement, je pense qu'en terme de coaching, c'est intéressant parce que c'est un effet de groupe où des entretiens individuels permettent de relancer son projet, de revoir par rapport à son expérience comment est-ce qu'on peut orienter ses recherches, mieux se présenter faire un certain nombre de choses.

Puis troisièmement, il y a un aspect un peu psychologique aussi. Je ne suis pas fan de la thérapie de groupe par exemple. Vous voyez ce n’est pas un truc qui m'avait jusqu'ici beaucoup attiré, voilà mais là ça fonctionne. Ça remet le pied à l'étrier, ça redonne envie à la fois d'aller rencontrer des recruteurs et de se repositionner. Pour les huit personnes qui font partie du groupe, il y a une espèce d'émulation qui se crée, qui est absolument importante et qui moi m'a servi.

 

Pascal Rabiller : Jean-François quels sont vos espoirs professionnels là aujourd'hui ? 

 

Jean-François Ley : Mettre mon expérience au service d'une entreprise, d'un nouveau défi, de nouveaux challenges, d'une nouvelle équipe. C'est d'intégrer une équipe avec un projet avec les expériences que je vous ai citées mais il y en a d'autres. Si quelqu'un nous regarde et qu'il a envie que j'envoie mon CV directement, qu'il n'hésite pas à vous contacter et je ferai passer mon CV. Mettre cette expérience et mon envie parce que c'est pas parce qu'on a 57 ans qu'on n'a plus envie. Moi j'ai vraiment envie ! Je suis un développeur de nature j'ai envie de développer du business. J'ai envie de faire un certain nombre de choses dans une structure privée, publique, avec une fonction peu importe. Je veux rester ouvert dans la formation, dans le secteur des vins et spiritueux. Ce sont les secteurs dans lesquels j'ai travaillé donc merci de me donner la possibilité madame Sancier et TV7 de venir sur ce plateau en parler.

 

Pascal Rabiller : Alors je suppose que vous avez rencontré des recruteurs depuis un an, comment vous êtes accueillis ?

 

Jean-François Ley : Alors ça c'est étonnant, je ne vais pas vous faire de confidences mais j'arrive souvent en finale sur un certain nombre de missions, de fonctions. Et puis, effectivement il y a un moment où on choisit un quadra ou une quadra plutôt qu'un quinqua.

 

Pascal Rabiller : Comment on justifie et est-ce qu'on justifie ?

 

Jean-François Ley : Oui, il y a toujours une justification. On trouve toujours une justification : il ou elle avait un profil plus luxe que le vôtre et c'était ce qu'on cherchait ou avait plus de connaissances dans le domaine du data marketing que vous. On trouve toujours quelque chose mais c'est vrai que je suis souvent allé en finale donc aujourd'hui ce que j'essaie de provoquer c'est qu'on ne soit pas seulement en finale ou que, même si on a été mené en première mi-temps comme d'autres l'ont été dans une finale, on puisse marquer des buts en deuxième mi-temps et être présent et gagner le match à la fin.

 

Pascal Rabiller :  Vous évoquiez par exemple le manque de connaissances en data marketing. Est-ce que vous êtes prêts à vous former et est-ce que vous avez le sentiment d'avoir quelques lacunes sur ce domaine ?

 

Jean-François Ley : Oui, bien évidemment sur les techniques marketing pures, sur le marketing dit opérationnel bien évidemment il y a un certain nombre de choses que les plus jeunes que moi ont intégré, maîtrisent davantage dans leur formation, dans leur métier de tous les jours. Par contre, je pense qu'en matière d'expérience de marketing stratégique, de vision, on aurait intérêt à travailler ensemble sur un certain nombre de sujets.

 

 

Pascal Rabiller : Je voudrais vous poser une question. Elle est un peu indiscrète mais à mon avis ça fait partie des choses aussi pour lesquelles les potentiels recruteurs peuvent s'interroger. Est-ce que vous êtes prêts par exemple à faire des efforts en termes de rémunération vous ?

 

Jean-François Ley : Vous savez moi j'ai toujours dit qu'une rémunération c'est comme le reste d'une définition de fonction. Ça dépend de ce que cherche l’entreprise, ça dépend de ce que cherche la personne qui postule donc "concession", ça dépend de la définition de fonctions. Si vous me proposez un poste de directeur général d'une PME ou d'une entreprise qui a besoin de faire du développement, on peut parler d'une part fixe et d'une part variable sur le développement, il n'y a pas de problème. Si vous me parlez d'un poste de chef de projet marketing qui s'adresserait plutôt un junior, là évidemment le niveau de salaire proposé ou que je demanderais ne serait pas le même, donc ça dépend de la définition de fonctions.  Ça ne dépend pas de moi ou ça ne dépend pas forcément des recruteurs et à mon avis ça ne dépend pas de l'âge. Ça dépend de ce que vous allez apporter à l'entreprise et de ce que l'entreprise attend de la mission qu'elle a envie de vous confier.

 

Pascal Rabiller : Merci pour votre analyse Jean-François mais Danièle Sancier, c'est quoi les principaux freins finalement à l'emploi des seniors puisqu'il y en a quand même ?

 

Danièle Sancier : Il y en a, ils relèvent beaucoup de stéréotypes. C'est vrai que ce que nous entendons : c'est trop cher ou pas assez adaptable. Ce que nous pouvons dire c'est que surtout il faut lutter contre cela. On voit bien, nous nous parlons de seniors. Je vous dirais même l'expression "senior" est peut-être à bannir. Chaque personne a un profil, a des compétences spécifiques, a une capacité vraisemblablement à s'adapter et de toute façon, nos équipes sont là pour accompagner et s'il y a un écart avec les attentes du marché, pour trouver les solutions alors peut-être de la formation de temps en temps, aider via l'interaction avec un parrain et une marraine, à sortir de sa zone de confort pour au fond se dire ok le gap il est là, on le réduit et on fait gagner du temps.

 

Pascal Rabiller : Jean-François justement pour conclure justement sur les équipes de l'APEC ?

 

Jean-François Ley : C'est absolument formidable ce qu'ils font. Je ne fais pas de la pub mais c'est vraiment très bon et je voulais le souligner [...].

 

Pascal Rabiller : Est-ce que la reprise économique et le manque de main d'œuvre ne font-ils pas prendre conscience de l'importance de l'emploi de ces talents d'expérience et à la fois d'ailleurs de les conserver pour l'expertise puis aussi de les recruter pour pallier aux faiblesses de certaines formations actuelles. Est-ce que finalement cette crise et son rebond, cette reprise ne sont pas en train de remettre au goût du jour la problématique emploi des seniors ?

 

Danièle Sancier : Vraisemblablement, la crise sanitaire et ses effets ont permis de démontrer et ça ce sont des résultats d'une enquête que nous avons menée à l'APEC auprès de dirigeants d'entreprises, de responsables ressources humaines qui nous disent que, au fond, les qualités qu'ils reconnaissent aux personnes qui ont une expérience professionnelle conséquente c'est une stabilité, c'est la capacité à prendre du recul dans les situations de crise, c'est aussi quelque part le fait d'être des régulateurs au plan social et des personnes qui assurent une transmission si importante en la période. C'est la raison pour laquelle avec nos partenaires, nous avons souhaité nous engager dans ce dispositif, qui n'est pas le seul. C'est une offre de service renforcé. Il n'y a pas que Talents Seniors pour dire au fond pas de reprise, pas d'embellie économique sans les seniors.

 

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